Pour la paix, contre toutes les guerres ! Abolition des frontières !
Motion adoptée au 83ème congrès de la Fédération anarchiste, réuni à Chirols les 7, 8 et 9 juin 2025.
Près de 60 conflits dans le monde. Sur tous les continents, particulièrement en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient. À l’ère du spectacle, les médias focalisent sur certains foyers de guerres, l’Ukraine, Gaza, soumis qu’ils sont aux enjeux géopolitiques. Ils en oublient bien d’autres comme le Soudan, le Yémen, la République démocratique du Congo, le Sahel, le Tchad, le Myanmar, comme les guerres menées par les narcotrafiquants et les gangs paramilitaires en Colombie ou au Mexique, ou comme la guerre contre les femmes en Afghanistan et en Iran.
Depuis février 2022 et le début de la guerre en Ukraine les généraux en retraite peuplent les plateaux des chaînes d’informations aux mains de milliardaires d’extrême droite et de marchands d’armes. À des journalistes obéissants, ils assurent que la guerre est à nos portes et que le temps de l’insouciance n’est plus. Les mouches ont flairé la charogne, c’est enfin le moment de conduire la populace au sacrifice, tout en extrayant les quelques billets qui trainent au fond de ses poches pour réunir les milliards nécessaires au grand réarmement.
Où qu’elle soit, l’armée a pour fonction le contrôle social de concert avec la police et la prison. Que ce soit une guerre intérieure ou une guerre extérieure, un « maintien de la paix » ou une « guerre humanitaire », il s’agit toujours de contribuer au développement du capitalisme. En temps de « paix », tout soulèvement, toute manifestation politique ou sociale, toute critique de l’État et de ses pouvoirs régaliens subissent les lois de plus en plus répressives au nom de l’urgence et de l’exception. En temps de guerre, ce sont les populations civiles qui trinquent le plus : drones, bombardements, mines anti-personnel, tortures, viols comme arme de guerre, esclavage sexuel, déplacements forcés, etc.
Tout concourt à terroriser les populations pour les soumettre et les dresser, utilisant de plus, les religions souvent et le patriarcat toujours, au service du capitalisme et des puissants. Tout concourt à embrigader les populations par des campagnes médiatiques mensongères afin de s’assurer de leur passivité, et en visant particulièrement les plus jeunes en militarisant l’enseignement (Projet SNU).
Le complexe militaro-industriel assure la militarisation de toute la société, sur le plan du pouvoir économique, nucléaire, militaire, imposant pauvreté, faim, saccage de l’environnement, perpétuant colonialisme et esclavage, érigeant des apartheids par des zones militarisées et des murs frontaliers, renforçant les violences notamment à l’encontre des femmes.
Aussi, l’urgence pacifiste et antimilitariste vise au démantèlement de toutes les infrastructures militaires multinationales et des arsenaux nucléaires dans le monde, pour une démilitarisation et un désarmement internationaux. Et à un appel aux mouvements de déserteurs, de refuzniks*, de travailleurs et travailleuses, de paysans et paysannes, de féministes, de militant·es antipatriarcaux, antiracistes…
Depuis plus de quarante années, le bourrage de crâne institué, notamment en France, dès le protocole Hernu-Savary en 1982, jusqu’au SNU actuel, diffuse l’idéologie militariste dans la jeunesse. L’urgence pacifiste et antimilitariste requiert une éducation à la paix, non sexiste, non raciste, anticapitaliste.
Semons la paix et la justice sociale ! Construisons l’anarchie !
* Personnes qui refusent de participer aux activités obligatoires, tel que le service militaire

